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"Aujourd’hui, la posture de celui qui se permet du discours devient a priori suspecte ", déclare Christian Salmon.
"Aujourd’hui, la posture de celui qui se permet du discours devient a priori suspecte ", déclare Christian Salmon.
EPA / Javier Etxezarreta / MaxPPP

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Christian Salmon : "Pour se hisser au sommet de la liste de 'Marianne", il faut cultiver une forme de transgression maximale"

Entretien

Propos recueillis par

Publié le

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L’auteur de « Storytelling », de « l’Ère du clash » et, dernièrement, de « l’Empire du discrédit », étudie depuis longtemps et avec une infinie minutie les processus d’influence dans l’opinion. Pour lui, les réseaux sociaux ne sont que la chambre d’écho du vide politique et de la dévalorisation de nos dirigeants.

Marianne : Sans vouloir vous inciter à faire la promo de notre classement, pourriez-vous tout de même nous dire ce qu’il vous inspire ?

Christian Salmon : Votre palmarès pose une question intéressante : comment la notoriété s’acquiert-elle dans nos sociétés hypermédiatisées ? En 1961, l’historien Daniel J. Boorstin a donné une définition de la célébrité : « une personne qui est connue pour être bien connue » (« famous for being famous »). Aujourd’hui, on est célèbre parce qu’on a des millions de followers. Le nombre est-il devenu le critère de l’influence et de la légitimité ? Qui a de l’influence sur les réseaux sociaux ? Les influenceurs !

Une catégorie qui s’étend au-delà des seuls internautes qu’on désigne par ce nom et qui inclut toute personnalité intervenant dans le débat public dans le dessein d’accroître son influence, son capital social ; les spécialistes du clash sur les réseaux sociaux, les animateurs de talk-shows, les « bons clients » des plateaux de télévision, mais aussi les dirigeants de grands médias guidés par l’audience, les hommes politiques au langage cru, les usagers du trash talk, la langue du trash et du clash… Les influenceurs, au sens large, sont devenus le véritable clergé de nos sociétés médiatiques, ce sont eux qui définissent les catégories du politiquement correct et du scandaleux, du vrai et du faux, du réel et de la fiction, du beau et du laid…

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Natacha Polony, directrice de la rédaction de Marianne

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